Chaque année, à New York, des délégations des peuples autochtones du monde entier se rassemblent durant l'Instance Perma- nente aux Questions Autochtones de l'ONU. Cette année, du 18 au 29 mai, une délégation de 7 citoyens basques était présente lors de cette 8ème session. Terexa Michéléna, Mailys Iriart, Jokin Irungarai, Audrey Hoc et Xan Marguirault du Pays basque nord, Urko Kolomo et Jon Sarasua du Pays basque sud. Organisée à l'initiative d'Autonomia Eraiki, cette délégation en- tendait alerter l’assistance de l’UNPFII sur les contradictions de l’Etat français, car ce- lui-ci a signé des traités internationaux qu’il ne respecte pas, puisqu’il ne veut tou- jours pas reconnaître les peuples autoch- tones de son territoire. Manifestement, l’Etat français refuse de reconnaître aux Basques se trouvant présentement sous son administration le statut de peuple autoch- tone. Statut qui, à la lecture des critères onusiens s’applique parfaitement aux Bas- ques du Pays basque nord.

03.06.2009

SHI NASOGA UNKON

 

 

petite fille naso.jpgNOUS SOMMES TOUS DES NASO


Mardi 2 Juin. Nous découvrons le centre ville his- torique de Panama Ciudad. Quel contraste avec la vision futuriste du moderne Panama inondé de gratte-ciels argentés ou en perpétuelle construc- tion. Il y a de l'investissement au Panama : blan- chiment d'argent ? Paradis fiscal ? Rentes du fa- meux canal ? Autant de discours et d'interpré- tations. Au détour d'une ruelle «havanesque», nous nous trouvons face à un kiosque sur une place, bâché et décoré de plusieurs banderoles :

Non à l'abus du gouvernement et de Ganadera Bocas !

Le peuple Naso mobilisé !

Intriguées, nous nous approchons des person- nes mobilisées et les interrogeons sur le pour- quoi de leur présence en ce lieu. Tony Vargas (tonyvargasgamarra@gmail.com), un des leaders du mouvement nous raconte : «Nous, les Naso, sommes un groupe autochtone du Panama et vivons dispersés en plusieurs communautés dans la région de Bocas del Toro (proche Costa Rica). Le 30 Mars, deux communautés : SanSan et SanSan Drui ont été démolies par des bull- dozers de l'entreprise Ganadera Bocas, démolition soutenue par la police nationale du Panama. Cette entreprise d'élevage bovin intensif affirme détenir un titre de propriété incluant nos communautés. Nos maisons, notre école, l'Église et le nouveau centre culturel que nous étions sur le point d' inaugurer, ont été détruits ! Les terres sur lesquelles nous vivons nous appartiennent depuis des siècles mais le gouver- nement panaméen se refuse à nous en délimiter officiellement les contours territoriaux et à établir une comarca («territoire») Naso Tjer-Di. Sans l'établissement d'une comarca, nous sommes sans défense légale et donc vulnérables. Ils nous traitent comme des autochtones envahisseurs, et ce sur notre propre terre ! Depuis le 15 avril, femmes, personnes âgées, jeunes et enfants, victimes de cette expro- priation, sommes ici sur cette place du centre historique de Panama afin d'exiger des réparations et le droit à vivre sur notre terre. Pour le moment, nous n'avons reçu aucune réponse favorable de la part du gouvernement. Nous ne quitterons pas ce kiosque avant l'obtention légale de nos droits sur notre terre ! Nous n' accepterons aucune relocalisation ! Nous voulons retourner sur les terres où nous sommes nés.»


signer la pétition en soutien au peuple naso

 

Audrey Hoc et Mailys Iriart depuis Panama Ciudad

28.05.2009

LA PRESSION NE BAISSE PAS...

Terexa.jpgTerexa a parlé. Texte appuyé sur les con- sidérations de la langue et de l'éducation en Pays basque. Moment de forte émotion évi- demment, mais c'est la lecture arrivée à sa fin que certains bouleversements se sont produits. En effet, un représentant d'un peuple autochtone francophone s'est em- pressé de venir à notre rencontre, pour nous faire part des commentaires émis dans son oreillette par la traductrice en français (qui pensait avoir éteint son micro, à n'en pas douter). Ainsi, elle a pris à parti l'accent du sud-ouest incompréhensible, ironisant sur ses intonations (passe encore, nous revendiquons de ne pas parler un français pincé), mais s'est permise trois fois de faire le commentaire de... "terroristes" !

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27.05.2009

AVEC LA COORDINATION AUTOCHTONE FRANCOPHONE...

Mailys portrait.jpgAujourd'hui, peut être une avancée au niveau de la Coordination Autochtone Francophone...
Hier il nous a été dit que parmi les réticences à nous voir travailler au sein de la CAF, était l'avis, à notre grande surprise, d'un Kanak... Sa position se basait sur son impossibilité à justifier auprès de la population de Nouvelle Calédonie un travail en collaboration avec les Basques, alors que ces mêmes Basques constituaient de vérita- bles obstacles à la libération de son peuple sur le territoire kanak. En effet, en Nouvelle Calédonie, des individus brandissant notre ikurriňa travaillent à soutenir le gouvernement français et à rendre difficile, voire impossible le travail des militants kanaks à la libération de leur peuple du joug français. Pour lui donc, impossible de travailler avec les Basques au sein de l'Instance Permanente aux Questions Autochtones.

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25.05.2009

WEEK-END NEW YORKAIS

Mailys et Jokin.jpgLundi matin, 11 heures. Je ne me ré- veille pas dans mon lit. Et ça ronfle pas très loin, dans le lit au-dessous du mien. Bingo, Jokin ! Je devais dormir chez des amies de New York, chez lesquelles Audrey avait passé son séjour l'an passé, mais notre gai luron de Jokin m'a embarquée dans une folle nuit new yorkaise... et j'ai atterri à l'auberge en- tre Terexa (que nous avons gentiment réveillée pour lui faire un muxu quand nous sommes rentrés) et Jokin... Très bonne soirée, accompagnée de très bons musiciens et de divins verres de mojito pour moi et de vodka martini pour le Jokin Bond !


Je me réveille bien dans mon lit. Et j'ai deux yeux bien grands, bien ronds (quoi que pas si grands aujourd'hui...) qui me regardent... Bingo, Mailys ! Mais pourquoi ne dort-elle pas ? Je crois qu'elle a mal à la tête, et donc ne peut dormir... Je prends donc les affaires en main, mais finalement ça ne va pas beaucoup mieux, puisque ni moi, ni elle, ne nous rappelons de l'heure et du lieu de rendez-vous avec Audrey et Terexa... Oups ! mais tout ça s'explique en faisant le bilan de la soirée passée... Petit bar italien, jazz club en sous sol et discothèque new yorkaise ! Finalement, nous sommes plutôt en forme... Et conscient de nos responsabilités, nous prenons notre ordinateur pour tout vous raconter, avant de nous offrir le moindre petit café.... Les amis, nous avons passé un excellent week-end, régénérant !

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23.05.2009

INCOMPRÉHENSIONS...

 

Mailys portrait.jpgVendredi, fin d'après-midi. Les délégations des peuples autochto- nes ont enfin la parole, mais ô surprise, le tour de parole a été changé... Apparemment, il ne faut pas s'inquiéter ou donner au fait une interprétation paranoïaque, cela arrive fréquemment. Il faut dire que, avec les retards dûs aux prises de parole illimitées des re- présentants de gouvernements, l'agenda est difficile à respecter, et il devient souvent nécessaire de panacher les listes au moment où la parole revient aux délégations autochtones. Car sur une journée, plusieurs thèmes de travail sont lancés et si les gouvernements et experts ont les premiers la parole, au moment où le micro est confié aux représentants de peuples autochtones, c'est la grande confusion, et les noms des personnes appelées à exposer leur revendication apparaissent aléatoirement. Pour nous, ce sera pas de chance : trop rapidement 18 heures arrivera, et la délégation basque restera sans voix.
Cependant, nous avons pris l'initiative de distribuer le texte à toutes les personnes présentes dans l'Assemblée, ainsi que l'intervention de Urko visant à créer des ponts entre le peuple basque et les autres peuples autochtones pour partager et confronter leur réalité culturelle et linguistique. De nombreuses personnes viendront à leur rencontre une fois la session terminée, de nombreux contacts sont pris...
On ne nous fera pas taire ainsi. Tenez vous-le pour dit !...
Voilà les amis comment s'achève notre première semaine de travail et de course contre le temps et les oppositions... Maintenant, trois jours de repos s'offrent à nous, lundi étant férié aux États unis. Trois jours durant lesquels nous allons profiter d'un temps magnifique pour visiter cette ville folle et démesurée. Trois jours pour souffler, respirer tout notre saoule et mardi plus fort attaquer !
Mila pott zuei eta asteburu on bat pasa !

Mailys

22.05.2009

LA JOURNÉE EST LONGUE...

Urko Kolomo.jpgLa journée est longue...
Peu de temps est accordé aux peuples autochtones. Le temps de parole est monopolisé par les gouvernements et partenaires de travail de l'ONU, qui eux ne sont pas soumis à la limite de trois minutes l'intervention... Ainsi, OIT, Haut Commissariat, OAF... Échanges courtois et remerciements en tout genre...
Urko est premier sur la liste des délégations autochtones sur le thème du développement, mais depuis ce matin que le thème est passé à l'ordre du jour, il attend de pouvoir prendre la parole... assez patiemment et sereinement je dois dire. De notre côté, nous prenons du temps pour parler avec les représentants des peuples autochtones sur place et nous enregistrons quelques témoignages... Les contacts créés sont enrichissants et encourageants quant à la perception que les autres peuples ont de nous...
Nous tenons bon ! Et pensons bien fort à vous qui nous suivez et encouragez par vos messages de chaleureux soutien !
Laster arte eta pott handi bat !


Mailys

MAILYS IRIART PREND LA PAROLE

21.05.2009

BIEN PASSÉ, ÇA S'EST BIEN PASSÉ

Mailys portrait.jpgBien passé, ça s'est bien passé.
Ça fait plaisir, après la représentante du gouvernement espagnol et l'expert nommé par les gouvernements pour l'Europe de l'Ouest (espagnol aussi)... Le représentant de la France a tout d'abord cherché à savoir quelle était la vocation de notre association. Nous lui avons expliqué qu'il s'agissait d'une plateforme ayant pour vocation de réunir les citoyens pour lesquels l'autonomie est l'avenir nécessaire d'Iparralde. Nous lui avons expliqué en quoi il nous était impossible de continuer à subir les décisions de Paris quand elles s'acharnent à aller à l'encontre des intérêts de notre territoire, de notre culture, de notre langue. Nous avons dit combien notre projet s'incarne dans une Europe des peuples, et ne fait que reprendre des politiques déjà mises en place au Royaume Uni, en Espagne, en Allemagne... Nous avons insisté sur le fait qu'il s'agit pour nous de ne pas dépendre des volontés de Paris, bien loin de nos réalités, qu'il s'agit d'être autonomes, responsables des politiques mises en place sur notre territoire, en matière sociale, économique, culturelle et politique, pour répondre aux véritables besoins de la population et du territoire. Nous avons insisté sur la notion de "communauté de destin".

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MOMENT DIFFICILE...

Audrey.jpgMoment difficile vécu par Audrey il y a deux heures...
Alors qu'elle se débattait pour avoir une réponse à la question du pourquoi nous n'avons pas d'expert nommé par les peuples autochtones pour la zone Europe de l'Ouest elle est allée à la rencontre de l'expert pour cette même zone nommée par les gouvernements. Il se trouve que c'est un espagnol. Le moment a été violent.
Il lui a demandé pourquoi est ce qu'il y aurait besoin d'un tel expert pour la zone en question. Elle lui a dit, comme il savait, que nous étions une délégation d'Euskal Herri, et qu'en l'occurrence il serait justifié et légitime que chaque partie soit représentée. Là, il a perdu son calme, répétant que c'était une honte que nous soyons là, que notre place n'était pas ici. Il a rajouté que nous ne connaissions pas l'Histoire de notre peuple, notamment dans les ravages de la colonisation en Amérique du Sud. Et qu'en l'occurrence, ici au milieu des peuples autochtones de ce continent, notre présence était une honte. Il a ensuite évidemment parlé du terrorisme, mais Audrey choquée n'a pas tout à fait compris le sens de ses propos. Elle lui a dit qu'il serait intéressant de prendre une heure ou moins à l'extérieur de l'Assemblée pour pouvoir discuter et lancer un dialogue. Il a dit qu'il était hors de question de commencer à discuter.
Cet échange ayant été en espagnol, et la maitrise de la situation trop aisée pour cet "expert", Jon et Urko qui nous accompagnent et qui sont d'Hegoalde sont ensuite allés le voir pour lui dire que si il devait y avoir quelque chose de honteux dans cette assemblée, c'est que quelqu'un de si fermé au dialogue ait entre les mains de telles responsabilités. Ils ont ensuite échangé quelques mots, notamment sur l'absence de pertinence des arguments tels le terrorisme ou la colonisation d'individus certes basques, mais ayant émigré à titre personnel, et non en tant que représentants du Pays Basque. Ils ont ensuite parlé de la notion d'autochtonie et démonté un à un les arguments de ce monsieur qui refuse d'admettre que le peuple basque correspond tout à fait à cette définition. Ils sont revenus à nous, ayant dans l'idée que ce monsieur a des comptes à régler avec ETA à titre personnel... Mais nous continuons. Recherchant l'appui d'autres représentants de gouvernement. Dans une heure nous avons rendez-vous avec le représentant de la France.
Merci de votre soutien depuis Iparralde...

Mailys

LA FRANCE A PARLÉ

Mailys portrait.jpgÇa y est le représentant francais a parlé. Discours léché. Constitu- tion. République une et indivisible. Mais aide à l'enseignement des langues régionales. Rien de plus.
Une rencontre est indispensable, nous lui avons dit que nous voulions un entretien. Il nous a dit qu'il la désirait également et était impatient de nous rencontrer. Ce devrait être pour cet après-midi...
Ça continue...
D'autre part, en ce qui concerne l'expert pour la zone Europe de l'Ouest que nous revendiquons, à 13 heures nous rencontrons les Samis pour discuter avec eux, également autochtones d'Europe de l'Ouest...
L'appui d'un représentant d'un gouvernement de l'Europe de l'Ouest étant nécessaire, nous avons parlé avec le représentant de la Suisse. Celui-ci ne voulait pas croire que nous demeurons la seule région n'ayant pas d'expert nommé par les organisations autochtones, alors même qu'il y a un membre permanent nommé par les gouver- nements. Rappelons que la raison d'être de l'Instance Permanente aux Questions Autochtones est bien de confronter les rapports de ces différents experts des régions du monde. Le travail continue... L'équipe est solidaire et motivée !
En espérant que tout se passe bien en Euskal Herri, gros pott a tous !

Mailys

 

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